Entrée dans le monde, ARTA -Association de Recherche des Traditions de l’Acteur-, Paris, France, 2019.

[FR]

Dans Entrée dans le monde, Kay imagine que nous pourrions toustes échanger nos visages, nos corps et nos nationalités pour ne plus jamais parler d’identité. La performance est une chorégraphie de gestes répétitifs. Ils font allusion à ce rituel aux allures militaires qu’elle était obligée de suivre tous les lundis à l’école primaire lors du levé du drapeau national. Sorte de cérémonie qui a été imaginée pour favoriser le “développement d’une conscience patriotique nationale collective”.

Avec des extraits de Peau Noire, masques blancs de Franz Fanon, Kay poursuit la performance en réalisant un défilé qui dit la conception occidentale de la différence, ses préjugés et ses stéréotypes. À partir d’un masque en cordes synthétiques nouées, elle visibilise et invisibilise sa propre identité dite péruvienne puisque elle finit par le transformer en accessoire de mode.


[CAST]

En Entrée dans le monde, Kay imagina que todos podríamos intercambiar nuestros rostros, nuestros cuerpos, nuestras nacionalidades y no volver a hablar de identidad. La actuación es una coreografía de gestos repetitivos. Aluden al ritual militar que se veía obligada a seguir cada lunes en la escuela primaria cuando se izaba la bandera nacional. Una especie de ceremonia destinada a fomentar el “desarrollo de una conciencia patriótica nacional colectiva”.

Con extractos de Piel negra, Máscaras blancas, de Franz Fanon, Kay continúa la performance creando un desfile que habla de la concepción occidental de la diferencia, sus prejuicios y estereotipos. Utilizando una máscara hecha de cuerdas sintéticas anudadas, hace visible e invisible su propia identidad supuestamente peruana, ya que acaba transformándola en un accesorio de moda.


[EN]

In Entrée dans le monde, Kay imagines that we could all exchange our faces, our bodies and our nationalities and never speak of identity again. The performance is a choreography of repetitive gestures. They allude to the military-like ritual she was forced to follow every Monday in elementary school when the national flag was raised. A sort of ceremony that was designed to foster the “development of a collective national patriotic consciousness”.

With excerpts from Franz Fanon’s Black Skin, White Masks, Kay continues the performance by creating a parade that speaks to the Western conception of difference, its prejudices, and stereotypes. Using a mask made of knotted synthetic ropes, she makes visible and invisible her own so-called Peruvian identity as she ends up transforming it into a fashion accessory.

« Oui, il faut que je me surveille dans mon élocution, car c’est un peu à travers elle qu’on me jugera … on dira de moi, avec beaucoup de mépris : il ne sait même pas parler le français. Qui possède la maîtrise de la langue, est excessivement craint … rouler les R .. » [Frantz Fanon]

“Yes, I must take great pains with my speech, because I shall be more or less judged by it. With great contempt they will say of me, ‘He doesn’t even know how to speak French.’ He who has mastered the language, is inordinately feared.. Rolling one’s Rs …” [Frantz Fanon]

Credits

Concept and performance: Kay Zevallos Villegas
Outside view: Mariama Dieng